L’ancien ministre et administrateur Diallo Abou Moussa : un parcours marqué par la force de caractère et la justesse du jugement

Par Nouh Mohamed Mahmoud

Dans l’histoire de l’administration mauritanienne, certains noms n’ont nul besoin de beaucoup de bruit pour imposer leur présence. Il leur suffit de l’empreinte qu’ils ont laissée dans les postes de responsabilité, de l’expérience qu’ils ont accumulée et de l’image que les populations ont gardée d’eux : celle de responsables faisant preuve de pondération, de sagesse et d’aptitude à gérer les dossiers avec sérénité, loin de toute précipitation. 

Parmi ces figures nationales se distingue l’ancien ministre et administrateur Diallo Abou Moussa, dont l’expérience s’est étendue à plusieurs wilayas du pays, notamment dans les régions de l’est de la Mauritanie, où il a laissé son empreinte dans l’action administrative et gouvernementale. Son nom demeure associé à l’image d’un responsable réunissant force de caractère et justesse du jugement.

La force de Diallo Abou Moussa ne résidait ni dans l’agitation ni dans l’ostentation du pouvoir, mais dans une personnalité sereine, sachant quand prendre l’initiative et quand laisser aux choses le temps de mûrir, et considérant les divergences d'opinion comme une composante naturelle de la vie publique plutôt que comme un motif d’affrontement. Cette qualité lui a permis, tout au long de son parcours, de se constituer un capital de respect auprès de différentes composantes de la société.

L’homme entretient également un rapport particulier avec la langue et la culture arabes. Cela trouve son explication dans ses origines sociales et dans le milieu au sein duquel il a grandi, sans que cet attachement ne se transforme pour autant en obstacle à l’appartenance nationale commune. Comme nous avons pu le constater à travers ses propos et ses prises de position, il considère la diversité mauritanienne comme une source de force et l’identité nationale comme le cadre qui rassemble tous les citoyens, et non comme un instrument de comparaison ou de hiérarchisation entre les différentes composantes de la société.

À une époque où les discours de polarisation se multiplient, une telle vision revêt une importance particulière. Diallo Abou Moussa fait partie de ces voix qui œuvrent à l’apaisement des esprits, au rejet des discours à caractère racial et à la primauté de la citoyenneté et de la cohésion nationale sur les calculs étroits. Il ne s’agit pas, chez lui, d’un simple discours théorique : cette conviction s’appuie sur l’expérience d’un homme qui a connu l’administration de l’intérieur et qui a appréhendé la société à travers les différentes responsabilités qu’il a exercées dans plusieurs régions du pays.

Nous avons eu l’honneur de le rencontrer à Maghama, en marge du prestigieux festival « Yaro Bari ». De cet échange, nous sommes repartis avec une impression nette : celle d’un homme animé d’un profond sentiment national qui n’a guère besoin de longues explications. Ses propos étaient tournés vers ce qui unit les Mauritaniens et vers la nécessité d’orienter les efforts vers tout ce qui est susceptible de consolider la stabilité, l’unité et la cohésion du pays.

Fort de sa stature sociale et nationale, Diallo Abou Moussa demeure présent dans la vie publique avec discrétion, exerçant une influence sur de larges cercles de son entourage sans rechercher le bruit ni la mise en scène. Il est convaincu que l’influence véritable ne se mesure pas à la fréquence des apparitions publiques, mais à la capacité d’un homme à rassembler les siens autour des grandes causes.

Dans le choix qu’il a fait de soutenir le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Diallo Abou Moussa voit dans son projet politique un modèle de leadership serein, fondé sur la prudence, la réflexion et une vision à long terme. Il estime que la période que traverse le pays appelle à l’apaisement, au dialogue et à la bonne gouvernance, plutôt qu’à la reproduction des conflits et des divisions.

La valeur de Diallo Abou Moussa aujourd’hui ne se résume ni aux fonctions qu’il a exercées ni aux années qu’il a consacrées à l’administration. Elle réside surtout dans le capital d’expérience d’un homme qui a choisi de mettre son parcours au service de la cohésion nationale. Un homme qui a su conjuguer la rigueur de l’administrateur, la sagesse de l’homme politique et la sérénité de celui qui sait que la construction d’une nation ne s’accomplit pas à grand renfort de voix et de clameurs, mais par l’intelligence, la patience et la capacité à réunir des personnes différentes autour de ce qui sert la Mauritanie.

Peut-être le plus bel hommage que l’on puisse rendre au parcours de cet homme est de souligner que sa présence n’a jamais été dissociée de l’émergence d’une nouvelle génération de compétences qu’il a contribué à encadrer et à accompagner. Au premier rang de celles-ci figure sa fille, Mme Hawa Diallo Abou Moussa, qui poursuit son engagement dans la vie publique. L’expérience du père trouve ainsi, au-delà de la transmission familiale, un prolongement humain et national dans la génération des enfants.

Ainsi demeure Diallo Abou Moussa parmi ces hommes que l’État a façonnés, que l’administration a aguerris et que l’expérience a enrichis : une force sans tapage, une sagesse sans prétention et un patriotisme ouvert à tous.