Le dialogue piégé… le président est-il poussé vers la confrontation ?

Il semble que le « piège » du débat sur les matières protégées dans la constitution n’est pas seulement un divertissement intellectuel ou une bévue politique, mais un plan délibéré visant, en substance, à encercler le président de la République et à le mettre directement face à l’histoire et à la rue.

Laisser entendre l’ouverture au débat  public des matières protégées à ce moment précis ne peut être interprété que comme une conspiration silencieuse contre le président. Plutôt que de renforcer son mandat par des réalisations et la quiétude, on l’entraîne vers une zone de « méfiance constitutionnelle » qui consume le capital politique et crée une crise de légitimité dont le système et la nation n’ont pas besoin.

On ne peut pas dissocier ce « dérèglement constitutionnel » de ce qui se passe sur le terrain. Au moment où l’on cherche à accroître l’intensité du rejet politique, on voit des politiques fiscales injustes ciblant directement les jeunes. Ces jeunes qui peinent à assurer leur subsistance dans l'informel et les petites entreprises se retrouvent aujourd’hui entre le marteau de l’impôt qui les gêne dans leurs revenus et l’enclume du discours politique provocateur qui met en danger la stabilité de la boussole de l’État.

Élever le niveau du dialogue pour toucher les matières protégées, tout en serrant la ceinture du coût de la vie pour les jeunes, est une « recette prête à exploser » pour l’explosion sociale et pour enflammer la rue. Ceux qui batifolent sur ce chemin réalisent-ils qu’ils sèment des mines sur le chemin du président et offrent-ils un service gratuit aux adeptes du chaos ?

La protection du président commence aujourd’hui par contenir ces voix qui veulent transformer le « dialogue national » d’un moyen de construction à un outil d’élévation du niveau d’insatisfaction populaire.

Mohamed Néma Oumar (traduit de l'arabe)

 

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