Front de la Citoyenneté et de la Justice : le parti créé par Jamil pour Ghazouani

Le parti Front de la Citoyenneté et de la Justice, dirigé par Mohamed Jemil Mansour, a organisé, samedi, un meeting retentissant près de la Foire, à El Mina.

Il semble, comme nous l'avions anticipé, que le parti a effectivement réussi à démontrer sa capacité à mobiliser.

Sur la scène, il était évident que la direction du parti avait peut-être été surprise, elle-même, par l'ampleur du rassemblement, qui a dépassé ses attentes. C'est pourquoi toutes les interventions ont fait l'éloge de Mme Mariem Neini,  dirigeante du parti, qui a géré la préparation du festival et supervisé son organisation.

Le discours du président Jemil Mansour a beaucoup changé, à tel point qu'il a abandonné son introduction politique provocatrice de l'époque de "Tawassoul", qu'il commençait habituellement par l'expression "Au nom d'Allah, le Vainqueur des Tyrans et le Soutien des Opprimés", avant d'inclure "un ensemble de remarques puis un ensemble de courts messages".

Les tyrans n'ont pas disparu et les opprimés continuent de croire en la victoire de Dieu, mais la "position" de Jemil aujourd'hui a nécessité un nouveau "discours".

Jemil a considéré que la scène politique devait désormais accepter la naissance d'un parti fort, né mûr, ajoutant que c'est un parti pour tous les Mauritaniens, empruntant l'introduction célèbre du leader national Messaoud Ould Boulkheir :

"Bandiraby Marimou, Mboki, chers frères, chères sœurs", pour souligner la diversité du parti et qu'il rassemble tous les Mauritaniens.

Jemil est rapidement arrivé au "cœur du sujet" et au "point essentiel" en déclarant que "Jam'e" est un parti de la majorité qui soutient sans hésitation le président Ghazouani et se tient à ses côtés.

* Le rassemblement de "Jam" n'était pas inférieur au dernier rassemblement de "Tawasol", et il a peut-être été l'un des plus grands rassemblements de la capitale au cours des deux dernières années.

* "Jam" est apparu comme un mélange de membres de "Tawassoul", du "Rfd", des forces du changement, de "Hatem", et de "Sawab", avec des personnalités indépendantes négro-africaines, nassériennes, baathistes, et des vestiges des "flam", d'IRA et des "Kadihines".

Une image politiquement complexe et colorée qui a joué le rôle le plus important dans le succès du parti à attirer ses foules samedi soir.

* La présence des Noirs, dans leurs différentes formations, était frappante et sans précédent, à l'exception des meetings d'El Insaf.

* Un grand rassemblement, mais le discours était politiquement faible car il ne s'est concentré que sur le soutien du parti au président, ignorant les préoccupations des gens telles que les impôts injustes, les nominations arbitraires, la détérioration des services de l'État et la fragilité des secteurs de la santé et de l'éducation.

* Le "bavardage" de Jemil et ses "digressions" qu'il a choisis ce soir étaient doux et froids, "les retours" et "la référence", au point que l'on aurait pu croire qu'il parlait hors du "texte", lui qui était enchanté par "le choc" de l'opposition et savait si bien "danser" dessus au cours des dernières décennies.

* En raison de la faiblesse du niveau du discours, il y avait aussi une faiblesse dans la connexion et une faiblesse dans le contenu des interventions, comme si le rassemblement était un but en soi et non un moyen de faire passer un discours, quel qu'il soit, à l'exception du soutien au président.

* L'organisation était bonne, le meeting s'est déroulé calmement, en toute fluidité et sans aucune entrave.

* La conclusion du meeting était : Oui, nous sommes conscients de notre force.

Maintenant, la majorité doit effectivement reconnaître qu'un parti actif et puissant est entré par la porte et attend d'elle qu'elle lui "reconnaisse quelque chose".

La politique n'est pas une œuvre de bienfaisance et le soutien n'est pas pour l'amour de Dieu. Le facteur décisif est "le gagne-pain". Quant à "la bonne action pour l'au-delà", elle n'est pas une section dans l'activité politique, même si ses praticiens sont "frères" et proches ou même de la même famille.

Habiboullah Ould Ahmed (traduction Echems)