Dans le débat public mauritanien, une distinction devient de plus en plus perceptible entre deux manières d’exercer le pouvoir. Ou de le servir : D’un côté, une politique tournée vers la visibilité, où chaque décision semble pensée comme un investissement en popularité. De l’autre, une approche plus discrète, fondée sur le travail constant, la gestion rigoureuse et la conviction personnelle.
C’est dans cette seconde catégorie que s’inscrit le parcours exceptionnel de Hamoud Ould M'Hamed, actuel wali de Nouakchott Ouest.
S'il y a tentation de reconfigurer Nouakchott en un seul gouvernorat, comme c'est le cas pour la majorité des capitales du monde, pour ne pas dire la totalité, c'est bien à cet administrateur d'exception qu'il faudrait faire appel, à
la trajectoire, marquée par plusieurs responsabilités majeures. En fonction ou en réserve de la République, il continue de susciter une adhésion remarquable. Ministre, directeur général de la Télévision de Mauritanie, Délégué général à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion, puis wali de Nouakchott Ouest, il s’est imposé comme une figure de l’action publique fondée davantage sur les résultats que sur la communication.
Une action publique sans calcul politique apparent
Dans un contexte où l’action gouvernementale est parfois perçue comme un levier de construction personnelle, le style Hamoud tranche nettement avec celui d'autres responsables adeptes du paraître. Ceux qui ont travaillé à ses côtés décrivent un responsable peu préoccupé par l’effet médiatique de ses décisions, mais profondément attentif à leur efficacité réelle.
Loin de considérer ses fonctions comme des étapes vers une ambition politique affichée, il semble avoir adopté une ligne constante : remplir la mission confiée, quelles que soient sa visibilité ou sa rentabilité politique.
Cette posture lui confère aujourd’hui un avantage notable dans l’opinion : celui de la crédibilité.
L’expérience de la télévision nationale
À la tête de la télévision publique, il avait hérité d’une institution confrontée à une mutation profonde du paysage médiatique. Plutôt que de privilégier des réformes rapides destinées à produire un impact immédiat, il engage un travail de fond :
Professionnalisation progressive, amélioration de l’organisation interne, montée en compétence des équipes. La transformation s’opère sans rupture brutale mais avec efficacité durable.
Son passage laisse l’image d’un gestionnaire capable de stabiliser une institution stratégique tout en préparant son adaptation aux nouvelles exigences de l’information moderne.
Rôle prépondérant dans la structuration de Maaden
Hamoud Ould M'Hamed a joué un rôle central dans la structuration de Agence Maaden Mauritanie, qu’il a contribué à transformer en un véritable outil économique au service du pays. À une période où l’orpaillage connaissait une expansion rapide mais largement informelle, l’enjeu consistait à organiser une activité porteuse de richesses tout en limitant les déséquilibres sociaux et sécuritaires qu’elle pouvait engendrer.
Sous son impulsion, l’agence a progressivement instauré un cadre plus lisible pour l’exploitation artisanale de l’or, favorisant la formalisation des acteurs, la sécurisation des zones d’exploitation et une meilleure traçabilité de la production. Cette organisation a permis de stabiliser le secteur tout en intégrant des milliers de travailleurs dans une dynamique économique structurée.
Maaden est ainsi devenue un espace d’inclusion et de développement local, stimulant l’emploi indirect et l’émergence d’activités commerciales et de services autour des sites miniers. Par une gestion davantage orientée vers l’efficacité et la coordination institutionnelle, l’agence a contribué à faire de l’orpaillage non plus une activité marginale, mais un levier de diversification économique et de création de valeur pour la Mauritanie.
La solidarité comme politique concrète
Son action au sein de la Délégation générale à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion marque un tournant décisif dans sa perception publique.
Dans un pays comme la Mauritanie, où les défis sociaux demeurent structurants, cette responsabilité exige une présence réelle auprès des populations. Sur le terrain, l’approche adoptée par Ould M'Hamed avait privilégié l’écoute et le suivi concret des projets sociaux plutôt qu’une gestion distante. En son temps, on pouvait parler, à juste titre, de programmes mieux ciblés, de proximité avec les bénéficiaires, d'attention portée aux zones vulnérables : l’action sociale cesse d’être abstraite pour devenir perceptible dans la vie quotidienne.
Cette période a contribué à consolider son image d’homme d’État proche des réalités humaines.
Le défi urbain à Nouakchott Ouest
La fonction de wali constitue souvent l’épreuve la plus exigeante pour un haut responsable administratif. À Nouakchott Ouest, les attentes citoyennes sont immédiates et les problèmes quotidiens nombreux : urbanisation rapide, pression démographique, gestion des services publics et urgences sociales.
Face à ces défis, à peine nommé, Hamoud Ould M'Hamed privilégie une gouvernance de proximité. Présence régulière sur le terrain, coordination renforcée entre services administratifs et dialogue constant avec les acteurs locaux deviennent les marqueurs de son action.
Cette méthode contribue largement à la perception positive dont il bénéficie auprès des habitants.
Une popularité construite dans la durée
Rarement un responsable aura traversé autant de fonctions sensibles tout en conservant une estime aussi constante. Cette popularité ne repose ni sur un discours politique offensif ni sur une stratégie de communication élaborée, mais sur une continuité de résultats.
Trois éléments expliquent cette confiance durable : une sobriété personnelle reconnue, une culture administrative solide et
une priorité donnée à l’intérêt général plutôt qu’à la notoriété.
Dans un environnement politique souvent marqué par l’usure rapide des responsables publics, cette stabilité apparaît comme un indicateur significatif.
Un contraste assumé avec la politique de l’image
Le contraste avec certaines pratiques contemporaines est évident. Là où l’action publique devient parfois un placement politique destiné à accroître la visibilité personnelle, son parcours reflète une logique inverse : agir d’abord, communiquer ensuite — ou parfois ne pas communiquer du tout.
Cette différence nourrit aujourd’hui un sentiment largement partagé : celui d’un responsable davantage préoccupé par l’efficacité de l’État que par le gain politique.
Le profil d’un bon Premier ministre
L’ensemble de cette trajectoire dessine le portrait d’un responsable disposant des qualités attendues d’un Premier ministre performant. A ce poste, il dispose de tous les atouts pour transformer une orientation politique en action concrète, gérer des équipes complexes, maintenir la confiance administrative et répondre aux attentes citoyennes.
Son expérience cumulée dans les domaines médiatique, social et territorial constitue précisément cette synthèse rare entre vision stratégique et capacité d’exécution.
Toujours plébiscité dans les responsabilités qu’il a exercées, il incarne une forme de leadership sobre mais solide : celle du travail continu, loin des calculs immédiats.
Dans un paysage politique en quête de confiance renouvelée, beaucoup voient en lui non seulement un administrateur expérimenté, mais aussi le profil d’un très bon ministre — ou Premier ministre - capable de gouverner avec conviction plutôt qu’avec stratégie personnelle.
Sneiba Mohamed
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